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by J-LUC_02 » 09 Jan 2016, 13:11
Ce post prolonge une trop rapide conversation d’hier soir, en compagnie de Frenchic et de mon épouse…
J’étais hier aux obsèques de Michel Delpech ; ses chansons mais aussi ses livres m’ont accompagné depuis toujours, j’aurais donc eu mauvaise grâce à ne pas aller avec lui jusqu’à l’église Saint Sulpice puis au Père Lachaise, mettant pour quelques heures de côté toutes les urgences du moment.
Mon téléphone portable était donc débranché et il ne m’est pas venu à l’idée de prendre la moindre photo. D’aucuns n’étaient d’ailleurs là que pour cela, c’est vrai qu’il y avait du beau monde, j’y reviendrai…
On sait tous, sur ce forum et ailleurs, qu’une chanson peut définitivement être associée à un petit moment de notre vie… Ce que je vais donc raconter est forcément banal, c’est la vie de Monsieur Tout Le Monde, c’est ma petite histoire.
Mon premier souvenir d’émotion musicale remonte à la fin des années 1960 : nos parents nous avaient emmenés voir Bambi, de Walt Disney : évènement majeur, nous allions ce soir là au Cinéma avec ma soeur, regarder un film qui ne serait pas des couleurs « noir et blanc » du petit écran… En attendant la séance, nous avions patienté dans un bistro et ça avait été le choc : mon père avait mis une pièce dans un énorme appareil, appuyé sur quelques touches et j’avais entendu les premières notes de « Wight is wight… Dire que j’avais apprécié le texte à sa juste valeur serait quelque peu exagéré –j’avais tout juste l’âge de raison- mais l’émotion de la voix conjuguée au son rendu par le jukebox est définitivement gravé dans ma mémoire. Et cette chanson à un goût de diabolo menthe.
Quand j’ai eu dix ans, c’était l’époque de « pour un flirt avec moi » : je fredonnais cette chanson sans savoir ce qu’était un flirt –ça avait l’air joyeux- en jouant aux billes, et ayant la rancune tenace, j’en veux toujours à Erasmo qui raflait mes soldats et mes calots d’un coup précis, en sifflotant la même chanson. Mais comme je sais faire (un peu) la part des choses, j’aime toujours cette chanson.
Plus tard, « Les divorcés » m’ont fait pleurer –la famille recomposée n’était pas encore dans la « normalité »- puis « tu me fais planer » m’a fait rêver, moi qui n’était aussi qu’un petit Mickey (décidément, Walt Disney n’est jamais loin !)
De tout son répertoire, ma chanson préférée restera « quand j’étais chanteur » ; c’était aussi celle que Michel Delpech préférait, elle a d’ailleurs été mise hier à Saint Sulpice, à l’issue de l’office religieux…
Hier, c’était une belle et sobre cérémonie, avec ses proches et de nombreux anonymes… Parmi les gens du spectacle, je ne citerai que ceux que j’ai vu de mes yeux, parfois embués, surtout quand Pauline a parlé du lien qu’elle avait avec son beau père. J’ai donc vu Laurent Voulzy, Alain Souchon (j’ai d’ailleurs eu cette terrible pensée du chagrin que provoquera à l’autre celui des deux qui partira le premier, ce qui me renvoie d’ailleurs à une inquiétude analogue par rapport à mon plus vieux pote, Gilles, qui lui ne m’a jamais piqué de billes, contrairement à ce salaud d’Eramo), Gilbert Montagné (lui ne m’a pas vu), Patrick Chesnais, Didier Barbelivien. J’ai vu des bouquets de fleur offerts par Mireille Mathieu et Serge Lama, une ambiance un peu Carpentier qui continue à s’éloigner de plus en plus vers les archives de l’INA. A la fin, j’ai marché juste derrière Renaud, me calant sur son pas, –loin de la forme olympique…- mais il était là, très ému, et respect pour lui d’être là ! Respect tout court, d’ailleurs…
Pour finir ce post sur une note musicale, quelques chansons de Michel Delpech que j’aime bien, anciennes ou récentes, à (re)découvrir sur le net : merci à Frenchic ou Thierry de mettre les liens si ils le veulent, j’ai trop peur de m’électrocuter si je me lance dans une telle opération.. Et bon week end à tous !
Titres à (re)découvrir : Bombay, Je l’attendais, Loin d’ici, toutes les filles (Michel Delpech et Hubert Mounier), les albums plus récents « Cadeau de Noël », Le grand rex 2007, « Sexa »…